Souris, mulot ou musaraigne : les reconnaître en 5 signes

Un seul critère suffit dans la plupart des cas : regardez le ventre et le museau. La souris grise est grise dessus comme dessous. Le mulot a le dos fauve et le ventre blanc net, avec de très grands yeux noirs. La musaraigne, elle, n’est même pas un rongeur : son museau s’allonge en trompe mobile et ses yeux sont minuscules. Voici les cinq signes qui permettent de trancher, y compris sans voir l’animal.

Le tableau qui tranche en dix secondes

Souris griseMulotMusaraigne
Corps (sans la queue)7 à 10 cm8 à 11 cm5 à 8 cm
VentreGris, comme le dosBlanc netGris clair, velouté
YeuxPetits, noirsTrès grands, globuleuxMinuscules
MuseauPointuPointuAllongé en trompe
OreillesGrandes, bien visiblesGrandesPetites, presque cachées
RégimeGraines, toutGraines, fruitsInsectes uniquement

La souris grise

Souris grise de profil au pied d'un mur, pelage gris uniforme
La souris grise : pelage uniforme du dos au ventre, queue aussi longue que le corps. Photo : spencer77, CC BY 2.0.

Mus musculus est la seule des trois à vivre en permanence avec l’homme. Elle mesure 7 à 10 cm, avec une queue de même longueur, presque nue et annelée. Son pelage est gris souris uniforme, sans contraste entre le dos et le ventre.

Signe distinctif : une odeur d’urine forte et persistante dans les placards, que ni le mulot ni la musaraigne ne produisent. Elle est présente toute l’année, se reproduit en continu à l’intérieur, et ronge tout ce qu’elle trouve — emballages, plinthes, gaines électriques.

Le mulot

Mulot sylvestre tenu dans une main, ventre blanc et grands yeux noirs visibles
Le mulot : ventre blanc franc, très grands yeux noirs et grandes oreilles. Photo : cazstar, CC BY 2.0.

Apodemus sylvaticus, le mulot sylvestre, est un animal des champs et des jardins. Trois détails le trahissent immédiatement :

  • Le ventre blanc pur, nettement séparé du dos brun-roux. C’est le critère décisif.
  • Des yeux énormes et bombés, disproportionnés — c’est un animal strictement nocturne.
  • Il saute au lieu de trottiner. Ses pattes arrière sont longues, un peu comme celles d’une petite gerboise.
Mulot dans la végétation, oreilles dressées et grands yeux
Le mulot vit dehors et n’entre qu’à la mauvaise saison. Photo : jans canon, CC BY 2.0.

Il n’entre dans les maisons qu’en automne et en hiver, et ne s’y installe généralement pas durablement : c’est un visiteur, pas un occupant. Il stocke volontiers des réserves de graines dans un recoin de garage ou de cabanon.

La musaraigne : ni souris, ni rongeur

Musaraigne dans l'herbe, museau allongé en trompe et yeux minuscules
La musaraigne : museau en trompe, yeux à peine visibles, oreilles enfouies dans le pelage. Photo : Mary Gillham Archive Project, CC BY 2.0.

C’est un insectivore, apparenté à la taupe et au hérisson — pas un rongeur. La confusion vient de sa taille, mais tout le reste diffère :

  • Un museau très allongé et mobile, en forme de petite trompe, qu’elle agite en permanence.
  • Des yeux minuscules, parfois à peine visibles, et des oreilles enfouies dans le pelage.
  • Un pelage velouté, très dense et court, gris-brun.
  • Elle ne ronge rien. Pas de dégâts sur les emballages, les câbles ou le bois — elle en est physiquement incapable.

Son métabolisme est si rapide qu’elle doit manger toutes les deux à trois heures : elle meurt en moins d’une journée sans nourriture. C’est pourquoi on en retrouve régulièrement mortes dans une maison — elle y est entrée par accident et n’a rien trouvé à manger. Elle dévore limaces, chenilles et larves : c’est une auxiliaire précieuse au jardin.

Les crottes, quand on ne voit pas l’animal

  • Souris : 3 à 7 mm, en grain de riz, pointues aux deux bouts, noires. Éparpillées sur tout le parcours, en grand nombre — 50 à 80 par nuit.
  • Mulot : semblables mais un peu plus grosses et plus arrondies, souvent regroupées près d’une réserve de graines.
  • Musaraigne : 2 à 4 mm, très effilées et souvent tortillées, avec des fragments d’insectes brillants bien visibles dedans. C’est le marqueur qui ne trompe pas.

Que faire selon l’espèce

Musaraigne se déplaçant au ras du sol dans la végétation
Une musaraigne dans une maison est presque toujours entrée par erreur. Photo : Mary Gillham Archive Project, CC BY 2.0.
  • Souris grise : c’est la seule qui exige une action. Elle se reproduit à l’intérieur et une population s’installe vite. Bouchez les accès de plus de 6 mm, supprimez les sources de nourriture, posez des pièges le long des murs.
  • Mulot : bouchez simplement les entrées avant l’automne. Il repartira au printemps de lui-même et ne fondera pas de colonie.
  • Musaraigne : ne faites rien contre elle. Ouvrez une porte pour qu’elle sorte. Les appâts rodenticides sont sans effet — elle ne mange pas de graines — et vous perdriez une alliée du potager.

Questions fréquentes

  • Comment différencier un mulot d’une souris ?
    Le ventre. Le mulot l’a blanc franc, nettement séparé du dos fauve ; la souris est grise uniformément. Le mulot a aussi des yeux beaucoup plus grands.
  • La musaraigne est-elle une souris ?
    Non, c’est un insectivore proche de la taupe. Elle ne ronge rien et ne mange que des invertébrés.
  • Quelle taille fait un mulot ?
    8 à 11 cm de corps, plus une queue de longueur équivalente. Il est légèrement plus grand qu’une souris grise.
  • Laquelle vit dans les maisons ?
    La souris grise, en permanence. Le mulot n’entre qu’en hiver, la musaraigne uniquement par accident.
  • Pourquoi trouve-t-on des musaraignes mortes chez soi ?
    Elle doit manger toutes les deux heures. Entrée par erreur et sans proies, elle meurt d’épuisement en moins d’une journée.
  • La musaraigne est-elle dangereuse ?
    Non. Elle ne ronge pas, ne contamine pas les aliments et n’attaque jamais. Sa présence au jardin est bénéfique.

Voir aussi

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