Pas le temps de lire ? Voici l’essentiel :
- Le compost maison permet de recycler jusqu’à 40 % de vos déchets ménagers.
- Il existe plusieurs méthodes : compost en tas, en bac, lombricompostage, bokashi, compostage de surface.
- Un bon compost repose sur l’équilibre matières brunes (carbone) et vertes (azote).
- Durée moyenne : 6 à 12 mois pour obtenir un compost mûr et riche.
- Le compost s’utilise au potager, au jardin ou en pots, comme engrais et amendement naturel.
Vous souhaitez réduire vos déchets tout en enrichissant naturellement votre jardin ou vos plantes d’intérieur ? Le compost maison est une solution simple, écologique et économique. Accessible à tous, même en appartement, il permet de transformer vos biodéchets en un véritable or noir pour vos sols.
Depuis le 1er janvier 2024, le tri des biodéchets est devenu obligatoire en France pour les particuliers comme pour les professionnels. Autant dire qu’apprendre à composter chez soi est désormais un geste citoyen incontournable, au même titre que les politiques énergétiques liées au climat.
Qu’est-ce que le compost maison ?
Le compost maison est le résultat de la décomposition naturelle des matières organiques (déchets de cuisine, déchets verts du jardin, cartons bruts…). Grâce à l’action combinée des bactéries, champignons et petits organismes du sol, ces matières se transforment en un engrais naturel et fertile.
On distingue plusieurs techniques :
- Compostage en tas : simple, adapté aux grands jardins.
- Compostage en bac : plus esthétique et maîtrisé, idéal pour les petits espaces extérieurs.
- Lombricompostage : méthode urbaine utilisant des vers pour composter en appartement.
- Bokashi : technique japonaise basée sur la fermentation anaérobie.
- Compostage de surface : enterrer directement les biodéchets au potager.
Pourquoi faire son compost maison ?
Fabriquer son compost présente de multiples avantages, tant pour l’environnement que pour votre quotidien :
- Réduction des déchets ménagers : en moyenne, 40 % de nos poubelles sont composées de biodéchets. En complément, découvrez la valorisation et recyclage des déchets verts.
- Diminution des émissions de CO₂ : moins de transport, moins d’incinération, moins de mise en décharge.
- Économie financière : plus besoin d’acheter d’engrais ou de terreau en sac.
- Sols plus vivants : le compost améliore la structure du sol, favorise la biodiversité et retient mieux l’eau.
- Autonomie et écologie : un geste simple qui participe à la transition écologique, tout comme les solutions de mobilité durable.
Quels déchets mettre (et ne pas mettre) dans le compost maison ?
La réussite de votre compost maison dépend en grande partie du bon tri de vos déchets. Tous ne sont pas adaptés au compostage, certains accélèrent la décomposition, d’autres risquent de provoquer des odeurs ou d’attirer des nuisibles.
Les déchets à composter sans hésiter
- Déchets de cuisine : épluchures de fruits et légumes, marc de café, filtres en papier, sachets de thé sans agrafe, coquilles d’œufs écrasées, croûtes de fromage, pain sec.
- Déchets de jardin : tontes de gazon en fine couche, feuilles mortes, fleurs fanées, petites branches broyées, tailles de haies.
- Déchets ménagers naturels : papier journal (non glacé), carton brun déchiqueté, mouchoirs ou essuie-tout sans produit chimique, sciure et copeaux de bois non traités, cheveux et ongles.
Les déchets à composter avec modération
- Agrumes, ail, oignons : leur acidité ralentit l’action des micro-organismes, à utiliser en petites quantités.
- Viande et poisson : possible en bokashi ou au centre d’un grand tas, mais risquent d’attirer les nuisibles dans un compost classique.
- Mauvaises herbes : éviter celles montées en graines, car elles peuvent germer dans le compost.
- Déchets très ligneux (branches épaisses, noyaux, trognons de choux…) : à broyer ou couper pour accélérer leur décomposition.
Les déchets à ne jamais mettre dans le compost
- Plastiques, verres, métaux et autres matières non biodégradables.
- Bois traités, vernis ou peints.
- Cendres de charbon ou de barbecue (toxiques).
- Produits chimiques (huile de vidange, solvants, peintures…).
- Couches-culottes et litières d’animaux carnivores (risque sanitaire).
👉 Astuce pratique : stockez vos épluchures et restes organiques dans un petit seau à compost dans la cuisine. Videz-le ensuite dans votre composteur deux à trois fois par semaine pour éviter les mauvaises odeurs.
Les règles d’or pour réussir son compost maison
Un compost réussi n’est pas qu’une affaire de déchets : il faut aussi respecter certaines conditions pour que le processus biologique fonctionne de manière optimale. Voici les 5 règles essentielles à retenir.
1. Respecter l’équilibre matières brunes / matières vertes
Le compost repose sur un équilibre entre :
- Matières vertes (azotées) : déchets frais, humides, riches en azote (épluchures, marc de café, tontes de gazon).
- Matières brunes (carbonées) : déchets secs, riches en carbone (feuilles mortes, carton brun, branches broyées).
Idéalement, il faut viser un ratio 2/3 bruns – 1/3 verts. Si vous mettez trop de verts, le compost devient humide et malodorant. Trop de bruns, et il mettra beaucoup plus de temps à se décomposer.
2. Aérer régulièrement
Les micro-organismes responsables de la décomposition ont besoin d’oxygène. Sans air, le compost fermente et produit du méthane (gaz à effet de serre puissant). Retournez ou brassez votre compost tous les 15 jours avec une fourche ou un aérateur.
3. Surveiller l’humidité
Un compost doit rester humide comme une éponge essorée :
- Si trop sec → arrosez légèrement et ajoutez des déchets verts.
- Si trop humide → ajoutez des déchets bruns (carton, feuilles mortes) et aérez davantage.
4. Choisir le bon emplacement
Placez votre composteur :
- À l’ombre partielle (éviter plein soleil et zones trop humides).
- Directement en contact avec le sol pour favoriser l’action des vers de terre et microfaune.
- Dans un lieu facile d’accès, pour éviter que le compostage ne devienne une corvée.
5. Être patient
La nature a besoin de temps : comptez 6 à 12 mois pour obtenir un compost mûr selon la méthode choisie. Le compost prêt se reconnaît à :
- Sa couleur sombre et homogène.
- Sa texture fine, proche du terreau.
- Son odeur agréable de sous-bois.
Comment utiliser son compost maison ?
Une fois votre compost mûr, il devient un véritable trésor pour vos cultures. Riche en nutriments et en matière organique, il améliore la fertilité des sols et stimule la croissance des plantes. Voici les principales utilisations possibles.
1. Au potager
Le compost est idéal pour nourrir les légumes du jardin :
- Incorporez-le au sol avant les semis ou plantations pour enrichir la terre.
- Ajoutez-en au pied des légumes gourmands (tomates, courges, choux, poivrons).
- Utilisez-le en paillage de surface pour limiter les mauvaises herbes et garder l’humidité.
2. Pour les plantes ornementales et massifs de fleurs
Le compost maison améliore la floraison et la vitalité des plantes :
- Mélangez-le à la terre lors de la plantation de fleurs ou arbustes.
- Déposez une fine couche en surface au printemps pour booster la floraison.
- Utilisez-le comme paillage décoratif et nourrissant.
3. Pour les arbres fruitiers et arbustes
Le compost favorise la croissance et la fructification :
- Épandez 2 à 3 cm de compost au pied des arbres fruitiers en automne ou au printemps.
- Mélangez-le au sol lors de la plantation d’arbustes pour une meilleure reprise.
4. Pour les plantes en pot et jardinières
Le compost maison peut aussi servir de substrat :
- Mélangez-le à de la terre de jardin ou du terreau du commerce (30 à 40 % de compost).
- Évitez de l’utiliser pur, car il peut être trop riche et déséquilibrer la croissance des racines.
- Utilisez le lombrithé (jus de compost) dilué comme engrais liquide pour vos plantes en pot.
5. Pour la régénération des sols
Le compost n’est pas seulement un engrais : c’est un amendement. Il améliore la structure du sol en le rendant plus :
- Aéré → meilleur enracinement des plantes.
- Fertile → riche en micro-organismes bénéfiques.
- Résilient → meilleure rétention d’eau, utile en période de sécheresse.
Erreurs fréquentes et conseils pratiques pour un compost maison réussi
Même si le compostage est une pratique naturelle, certaines erreurs peuvent ralentir le processus ou donner un compost de mauvaise qualité. Voici les principales à éviter, ainsi que des astuces pour réussir à coup sûr.
Les erreurs à éviter
- Mettre uniquement des déchets verts (épluchures, tontes de gazon) : cela provoque un compost humide, malodorant et peu fertile.
- Négliger l’aération : un compost compacté sans oxygène fermente et dégage de mauvaises odeurs.
- Laisser le compost sécher : un manque d’humidité stoppe toute décomposition.
- Jeter des déchets non adaptés : plastiques, produits chimiques, litières animales ou bois traités contaminent le compost.
- Ne pas assez broyer les gros morceaux : branches épaisses et trognons de choux mettent plusieurs années à se décomposer.
Conseils pratiques pour bien composter
- Alternez toujours verts et bruns pour garder un bon équilibre.
- Broyer ou couper en petits morceaux les déchets facilite une décomposition rapide.
- Ajoutez des activateurs naturels : ortie, consoude ou marc de café boostent le processus.
- Couvrez votre compost avec un peu de paille ou de carton pour protéger de la pluie et conserver l’humidité.
- Utilisez plusieurs bacs : un en cours de remplissage, un en maturation et un prêt à l’emploi.
Astuce bonus
Pour savoir si votre compost est prêt, réalisez le test du sac : placez une poignée de compost dans un sac plastique hermétique pendant quelques jours. Si une odeur désagréable se dégage, le compost n’est pas mûr. S’il sent bon l’humus et la forêt, il est prêt à l’emploi !