Maladie de l’olivier photo : reconnaître les symptômes selon les feuilles, le tronc et les fruits

À retenir

  • Des taches brunes rondes bordées d’un halo jaune sur les feuilles, c’est presque toujours l’œil de paon, la maladie la plus fréquente de l’olivier
  • Une couche noire qui s’enlève au doigt n’est pas la maladie elle-même mais la fumagine, conséquence d’une attaque d’insectes
  • Certaines maladies du tronc, comme la verticilliose, n’ont aucun traitement curatif
  • Un jaunissement léger et localisé fait souvent partie du cycle naturel de l’arbre, pas d’une maladie

Tu viens de prendre une photo de feuille d’olivier malade, ou tu regardes ton arbre en te demandant ce qui cloche. Des taches brunes cerclées de jaune, un olivier qui jaunit sans raison apparente, une écorce fissurée, des olives tachées : chaque symptôme raconte une histoire différente, et les maladies de l’olivier se reconnaissent d’abord à l’endroit où elles se logent.

Ce guide classe les signes par zone touchée — feuilles, tronc, fruits — pour que tu puisses comparer ta photo directement avec ce que tu observes, sans dérouler une liste alphabétique de noms latins. Un champignon de l’olivier ne se traite pas comme une bactérie, et un problème d’entretien ne se traite pas du tout.

Maladies visibles sur les feuilles

C’est souvent la première chose qu’on remarque : une tache, une couleur qui change, un dépôt inhabituel. La forme et la localisation de ce que tu vois sur la feuille suffisent la plupart du temps à trancher.

Œil de paon (cycloconium)

À quoi tu la reconnais : des taches circulaires brunes de 2 à 10 mm, bordées d’un halo jaune bien net, sur le dessus de la feuille. Retourne-la : un duvet grisâtre trahit les spores du champignon (Spilocaea oleaginea). Les feuilles les plus atteintes jaunissent puis tombent. Le printemps et l’automne humides, autour de 15-20°C, sont les périodes à risque. En traitement, la bouillie bordelaise (10g/l en repère usuel, à vérifier sur l’étiquette du produit) s’applique en avril, juste après la taille et avant les pluies, puis à demi-dose, avec une seconde application en fin d’été. Ramasse les feuilles tombées à l’automne : le champignon y passe l’hiver.

Fumagine

Ce que tu vois : une couche noire poudreuse sur feuilles et branches, qui s’enlève au doigt. Ce n’est pas une maladie de l’olivier à proprement parler — elle se développe sur le miellat sécrété par des cochenilles, pucerons ou aleurodes installés sur l’arbre. Elle gêne la photosynthèse et ralentit la croissance en cas d’attaque sévère. Inutile de s’attaquer au noir directement : élimine d’abord les insectes avec du savon noir dilué à 5%, tous les 10 jours, puis nettoie au chiffon d’eau savonneuse, ou laisse la pluie faire le travail.

Cercosporiose

Un champignon proche de l’œil de paon, transporté par la pluie, actif de la fin de l’automne au printemps. Les feuilles se nécrosent, jaunissent et tombent ; le fruit peut aussi être touché, avec une tache marron sur olive verte ou gris-bleu sur olive violette. Cumulée à l’œil de paon, la défoliation devient importante. Même traitement, même calendrier : bouillie bordelaise.

Recroquevillement des jeunes feuilles

Les jeunes feuilles en bout de rameau se recroquevillent avant ou juste après leur déploiement. Responsable : le thrips de l’olivier, une petite mouche sombre de 2,5 mm qui pond le long des nervures, plus active par temps sec, avec des pics en fin d’été. Un insecticide à base d’huile de colza dès les premiers symptômes, complété par des pièges à phéromones en surveillance, suffit généralement.

Dessèchement du bout des feuilles âgées

L’extrémité de la feuille brunit et sèche en descendant vers la base, sur environ un tiers du limbe, avec un arrêt net de la zone touchée — et seulement sur les feuilles âgées. Ce n’est pas une maladie mais une carence en potassium. Un engrais organique riche en potasse, épandu à l’aplomb de la ramure, corrige le problème.

Maladies et parasites sur le tronc et les branches

Ce qui se joue sous l’écorce ou dans le bois est souvent plus grave, et parfois sans remède. Là où il faut regarder : les plaies, les excroissances, le comportement d’une branche isolée du reste de l’arbre.

Verticilliose

Un champignon du sol (Verticillium dahliae) qui pénètre par les racines et bloque la circulation de la sève. Premier signe : une seule branche dont le feuillage fane et brunit sans tomber. En coupe, le bois apparaît strié de brun. Les oliviers de moins de dix ans meurent souvent en une saison ; les plus âgés peuvent contenir l’infection. Aucun traitement curatif n’existe. Il faut arracher et brûler l’arbre atteint, ne pas replanter d’olivier au même endroit avant plusieurs années — le champignon peut survivre plus de dix ans dans le sol, selon une source — et éviter une plantation après des tomates, pommes de terre, aubergines ou poivrons.

Chancre et tuberculose de l’olivier

Une bactérie, Pseudomonas savastanoi, responsable de deux formes : le chancre, avec des plaies ouvertes sur le tronc, une écorce fendillée et une gomme brunâtre ; la tuberculose, avec des excroissances verruqueuses ligneuses près d’une blessure. La bactérie se transmet par la pluie et par des outils de taille non désinfectés. Coupe les parties atteintes en retirant au moins 20 cm de bois sain au-delà de la lésion (repère indicatif, une seule source le documente précisément), applique un mastic cicatrisant, et désinfecte systématiquement les lames.

Carie du bois

Des champignons lignivores attaquent l’intérieur du bois avec le temps, affaiblissant la structure de l’arbre et augmentant le risque de rupture de branches. Une taille qui élimine le bois atteint et les branches sèches ralentit sa progression.

Pyrale des troncs

La femelle pond sur les troncs abîmés — blessures de taille, casse au vent. Les larves creusent des galeries dans le bois tout l’hiver, avant de se transformer en papillon dès mars-avril. Les branches touchées dépérissent et peuvent tomber brutalement. Aucun traitement n’existe une fois l’arbre atteint : la prévention passe par une taille qui ne blesse pas l’arbre, réalisée tôt (janvier-février), et par le buttage du pied.

Cochenille

Un insecte piqueur-suceur, reconnaissable à sa carapace bombée sombre (cochenille noire) ou à ses amas cotonneux blancs (cochenille farineuse), fixé sur rameaux et feuilles au printemps. Le passage de fourmis, attirées par le miellat, est souvent le premier indice. Elle favorise la fumagine. Griffer le sol en automne et en hiver expose les larves aux oiseaux ; une pulvérisation d’huile de colza ou de savon noir au printemps complète le traitement.

Maladies touchant les olives

Le problème n’est parfois visible que sur le fruit, souvent à la récolte seulement.

Mouche de l’olivier

La femelle pond dès que l’olive atteint 5-6 mm, avec un cycle de trois semaines et jusqu’à 300 œufs répartis dans autant d’olives différentes. La larve creuse la chair : l’olive brunit et pourrit en moins d’une semaine, et l’huile issue de fruits véreux prend un goût désagréable avec une acidité élevée. La mouche cesse de pondre au-delà de 30°C, ses œufs meurent au-delà de 35°C, et les adultes ne survivent pas au-delà de 40°C — des seuils à prendre comme repères indicatifs plutôt qu’universels, une seule source les documente. En bio, l’argile verte pulvérisée sur fleurs et fruits au moins quatre fois par an (début juillet, août, septembre, octobre), renouvelée après la pluie, reste la référence, complétée par des pièges à phéromones dès juillet, un à deux par arbre, côté sud ou sud-ouest.

Anthracnose

Des taches circulaires brunes s’enfoncent dans la chair de l’olive, la peau se ride, et les fruits tombent prématurément — une attaque sévère peut détruire toute la récolte. Les automnes humides favorisent son développement. La bouillie bordelaise s’applique fin août-début septembre, renouvelée après chaque pluie ; ramasse et détruis les olives tombées.

Lèpre de l’olivier

Causée par Colletotrichum gloeosporioides, elle touche les olives en maturation : taches brunâtres, ramollissement, chute, parfois une moisissure rosée. Une récolte anticipée en période à risque et une taille qui favorise la circulation de l’air limitent le risque.

Teigne de l’olivier

Elle attaque les fleurs, provoquant une chute précoce des olives et compromettant la production. La prévention et des insecticides ciblés à faible impact restent les seuls leviers.

Distinguer une vraie maladie d’un problème d’entretien

Toutes les feuilles jaunes ne sont pas une maladie. Une feuille d’olivier vit environ trois ans avant de jaunir et de tomber naturellement — c’est le cycle normal de l’arbre. Ce qui doit alerter, c’est une concentration de feuilles jaunes sur des rameaux entiers, pas quelques feuilles isolées.

Un olivier qui ne fleurit pas peut simplement être trop jeune : il faut souvent attendre une dizaine d’années. Un sol trop lourd ou trop pauvre peut aussi bloquer la floraison — corrige-le avec du compost, du sable ou du gravier. Des fleurs sans fruits qui suivent, elles, signalent souvent un problème de pollinisation : certaines variétés ne sont pas autofertiles.

En pot, un jaunissement accompagné de racines pourries vient presque toujours d’un excès d’arrosage ou d’un substrat mal drainé — pas d’une maladie de l’olivier.

Prévenir les maladies de l’olivier par la taille et l’entretien

La plupart des maladies listées ici entrent par une plaie de taille ou profitent d’une humidité excessive. La prévention tient donc en quelques gestes, communs à toutes :

  • Désinfecte systématiquement les outils de taille (alcool à 70° ou eau de Javel diluée) entre chaque arbre suspect
  • Taille pour aérer le centre de la couronne, jamais en période humide
  • Ramasse et brûle les feuilles et olives tombées à l’automne — ne les composte jamais
  • Ne replante pas d’olivier après des solanacées (tomate, pomme de terre, aubergine, poivron), à cause de la verticilliose
  • Améliore le drainage du sol si l’eau stagne après la pluie

Maladies sans traitement curatif : que faire ?

À retenir

  • La verticilliose et la pyrale des troncs n’ont, à ce jour, aucun traitement curatif connu
  • Pour la verticilliose, il faut arracher et brûler l’arbre atteint, sans replanter d’olivier au même endroit avant plusieurs années
  • En cas de doute sur ces deux maladies, fais confirmer le diagnostic avant d’arracher : d’autres flétrissements peuvent leur ressembler

Si ta photo correspond à l’un de ces deux cas, inutile de chercher un produit à appliquer : ça ne sert à rien, aucun traitement ne les arrête une fois l’arbre atteint. La seule décision qui compte est de confirmer le diagnostic avant d’arracher, car d’autres flétrissements de l’olivier peuvent, à distance, présenter des symptômes proches.

Le premier geste reste toujours le même : compare ta photo zone par zone — feuilles, tronc, fruits — avant de conclure. Si les taches gagnent du terrain en quelques jours, si une branche entière fane d’un coup, ou si tu hésites entre deux maladies sans traitement possible, c’est le moment de faire appel à un professionnel plutôt que de tester au hasard.

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